Huile de pépins de cassis

août 18, 2011 8:44 | No Comments

FICHE D’INFORMATION

  • INCI : RIBES NIGRUM
  • N°CAS : 68606-81-5
  • N°EINECS/ELINCS : 271-749-0

UTILISATION INVIDUELLE

Cosmétique : L’acide stéaridonique (omega 3) et l’acide gamma-linolénique (omega 6) présents dans l’huile de pépins de cassis équilibrent et nourissent la peau. L’alpha tocophérol, ou vitamine E, actif contre les radicaux libres, redonne résistance et élasticité à la membrane cellulaire.

GENERALITES

  • Nom(s) commun(s) : Gadelier noir, groseillier noir.
  • Nom botanique : Ribes nigrum, famille des saxifragacées ou grossulariacées.
  • Nom(s) anglais : Black currant.

Histoire et culture : Ribes vient du danois « ribs » ou du suédois « rips », mots servant tous deux à nommer la plante. D’après une légende iranienne, le premier couple humain sortit d’un cassissier après qu’on leur eut insufflé une âme. Traditionnellement, les herboristes français utilisaient aussi bien les racines que les feuilles pour confectionner des remèdes contre les inflammations liées aux troubles rhumatismaux ou arthritiques, ainsi qu’à la goutte. On croyait également que la plante pouvait protéger les vaisseaux sanguins et entraîner une baisse de la tension artérielle. Des préparations à base de feuilles étaient prescrites aux femmes ménopausées afin de protéger leurs vaisseaux sanguins. On sait aujourd’hui que les risques de troubles cardiovasculaires augmentent à la ménopause. Il y a des siècles que les Anciens ont découvert que les baies du cassis étaient souveraines contre la diarrhée, les maux de gorge et les infections respiratoires. Vers 1550, le cassis était cultivé comme fruit de table. Son usage ne se vulgarisa que vers 1700 à la suite d’un opuscule consacré par l’abbé Bailly de Montaran à ses propriétés intéressantes. Il est devenu depuis une importante exploitation autour de Dijon. La zone de culture est principalement localisée en France dans la Côte D’or. Depuis au moins le XVIIIe siècle, on fabrique en Bourgogne la crème de cassis, un alcool dans lequel on a fait macérer les baies de cassis. Un mélange de vin blanc et de liqueur de cassis est associé au célèbre chanoine Kir, maire de Dijon de 1945 à 1967. C’est un garçon de café qui aurait inventé la recette du  » blanc’cass  » en 1904. Quant au chanoine, il aurait tout simplement poursuivi la tradition du maire précédent d’en servir au cours des réceptions officielles, mais c’est son nom qui est resté pour désigner cet apéritif encore fort populaire en France, le Kir. Les usages médicinaux de l’huile de pépins de cassis sont apparus plus tard, lorsqu’on a découvert les vertus de l’acide gammalinolénique (AGL), un acide gras oméga-6 dont les graines de baies de cassis constituent une bonne source. Comme l’huile de cassis contient aussi des oméga-3 qui sont très proches de l’EPA et du DHA, elle a l’avantage d’être une source équilibrée d’acides gras essentiels. Cependant, des impératifs industriels et commerciaux ont fait que c’est l’huile d’onagre qui est aujourd’hui le principal supplément d’AGL et qu’on trouve de moins en moins d’huile de pépins de cassis dans le commerce.

Partie(s) utilisée(s) : Feuilles, baies, et huile tirée des pépins.

Habitat et origine : Originaire d’Europe, le cassis est cultivé sous les climats tempérés et est parfois naturalisé en Amérique du Nord autour de sites anciennement habités. En Europe, il colonise volontiers les aulnaies humides. Il préfère les lieux humides et ombragés et les sols légers. Il produit de petites baies noires riches en tanins et acidulées qui donnent un jus épais et violacé. Le cassis est un arbrisseau touffu, vivace, de 1m à 1,50m de haut. Il appartient au genre Ribes de la famille des saxifragacées, dans l’ordre des rosales et dans la classe des dicotylédones dialypétales. Le fruit du cassis (Ribes nigrum) est une baie globuleuse, d’un noir foncé et terne. La pulpe est légèrement aigrelette, tandis que la peau a une odeur aromatique. La saveur et l’odeur étant peu agréables, on ne consomme que rarement des baies nature. Comme ses deux congénères, le groseillier à maquereau et le groseillier rouge, le cassis a une répartition européenne et asiatique : il pousse spontanément en France dans les bois humides et les vallées de l’Auvergne, du Mont Cenis, dans le Piémont, en Europe Centrale.

Culture : Originaire des régions nordiques, le cassis, à l’état sauvage, hante les bois humides, les haies, les marécages et les fonds de vallées jusqu’à 2000m d’altitude. Le cassis est néanmoins rare à l’état spontané. Il est cultivé pour ses fruits dans plusieurs contrées de France : Ardennes, Meuse, Meurthe-et-Moselle, Alsace-Lorraine, Dauphiné et surtout Bourgogne. On le trouve également ailleurs en Europe, depuis la Grande-Bretagne jusqu’en Mandchourie, Arménie et Sibérie. Inconnu des Grecs et des Romains, le cassis ne commence à être mentionné que dans la première partie du XVIème siècle. Les premières traces de son utilisation datent de 1614 dans un cas de rétention d’urine. Ce n’est qu’à partir de 1712 que sa culture se vulgarise après la parution d’un ouvrage sur ses propriétés bienfaisantes écrit par l’Abbé Bailly. Après avoir été considéré comme une panacée, il est relégué au rang de simple diurétique astringent. La tisane obtenue par macération des feuilles à froid « est de toutes les boissons la plus convenable et la moins dispendieuse pour se désaltérer pendant les chaleurs de l’été et les pénibles travaux de la récolte » écrit Cazin. En 1841, la culture du cassis prend un nouvel essor, en particulier à Dijon, où l’on en fait une liqueur traditionnelle bien connue (la crème de cassis).

Obtention de l’huile : L’huile est obtenu par extraction à l’hexane sur les graines nettoyées. Ce nettoyage comporte une étape particulière de traitement à l’alcool à 70°C, suivi d’un séchage sous-vide à 90°C. Le pépin contient environ 20 % d’huile. L’huile obtenue par extraction est ensuite raffinée selon les technique classiques.

COMPOSITION

La particularité de l’huile de pépins de cassis, comparativement aux huiles d’onagre et de bourrache, est la présence d’acide alpha-linolén ique et surtout d’acide stéaridonique.

Acides Gras en % :

  • Acide palmitique C16:0 6 – 9
  • Acide palmitoléique C16:1 < 0.2
  • Acide stéarique C18:0 1 – 2.5
  • Acide oléique C18:1 (n-9) 9 – 14
  • Acide linoléique C18:2 39 – 51
  • Acide Alpha linolénique C18:3 (n-3) 11 – 15
  • Acide Gamma-linolénique C 18:3 (n-6) 15 – 19
  • Acide stéaridonique C18:4 (n-3) 2 – 4

L’huile contient environ 1 % d’insaponifiables

La fraction lipidique insaponifiable comprend des phytostérols et des tri terpènes :

  • 40 % de stérols – Composition en % (valeur moyenne) :
    • sitostérols 85,4
    • campestérols 7,2
    • delta 5 avénostérols 3,0
    • cholestérols 0,7
  • 12% de 4-méthylstérols – Composition en % (valeur moyenne)
    • citrostadiénol 36
  • 15 % de tocophérols – Composition en % (valeur moyenne)
    • gamma tocophérols 82
    • alpha tocophérols 6
    • delta tocophérols 8
  • 10 % d’hydrocarbures – Composition en % (valeur moyenne)
    • squalène 35
  • 23 % d’alcools triterpéniques

PROPRIETES

Comme pour l’onagre et la bourrache, les utilisations de l’huile de pépin de cassis ont pour revendications principales les propriétés pharmacologiques de l’acide gamma linolénique: l’huile de pépins de cassis renferme en moyenne de 11 à 24 % d’acide gammalinolénique (AGL), un acide gras de la famille des oméga-6, cependant on la trouve relativement peu dans le commerce. L’huile d’onagre est la source d’AGL la plus courante. L’huile de cassis est également une source d’acide alpha-linolénique, une substance qui fait partie de la famille des acides gras oméga-6. Elle est aussi une des rares sources d’acide stéaridonique, un acide gras oméga-3. Elle est offerte sous forme de supplément dans certains pays comme la France, mais, en Amérique du Nord et en Grande-Bretagne, c’est l’huile d’onagre qui est commercialisée comme supplément d’AGL. L’huile de pépins de cassis a fait l’objet de très peu d’études cliniques : l’une d’elles, menée en 1999 par une équipe américaine auprès de 40 sujets âgés de 65 ans et plus indique que l’huile de pépins de cassis peut entraîner une augmentation modérée de l’activité immunitaire. Une recherche portant sur 27 sujets semble indiquer que l’huile de pépins de cassis peut avoir un effet bénéfique sur la tension artérielle.

CARACTERISTIQUES

  • Aspect : liquide Couleur : jaune
  • Densité (à 15°C) :
  • Viscosité à 37.5 : 30.1 -31.7 cps
  • Indice de réfraction : 1.468 – 1.472
  • Indice de saponification : 185 – 188
  • Indice d’iode : 105 – 124

CONDITIONNEMENT

  • Stockage : dans des containers fermés à moins de 30°C
  • Emballage : en fûts plastiques de 40 kg

APPLICATION

Les applications de l’huile de pépin de cassis en cosmétique.

L’intérêt de l’huile de pépins de cassis vient de la présence d’oméga 3 à côté d’omega 6 plus courant comme dans l’onagre et la bourrache. Rappelons que les principaux acides gras de la série n-3 ou oméga 3 sont : – l’acide alphalinolénique qui est un Acide Gras Essentiel – l’acide eicopentaénoïque (EPA) (saumon, morue) – et l’acide docohexaénoïque (DHA) (idem poissons des mers froides). Environ 10 % de l’acide alpha linolénique est transformé en EPA et DHA si l’apport en oméga 6 est suffisant. L’acide stéaridonique (omega 3) et l’acide gamma-linolénique (omega 6) présents dans l’huile de pépin de cassis équilibrent et nourrissent la peau. La présence d’alpha-tocophérol est intéressante. L’alpha tocophérol, ou vitamine E, actif contre les radicaux libres, redonne résistance et élasticité à la membrane cellulaire. Les applications de l’huile de pépin de cassis en diététique Des études récentes montrent un effet modéré « booster » du système immunitaire par une capacité de l’huile de pépin de cassis à réduire la production de prostaglandine E2 Avec 18 % d’acide gamma linolénique (AGL), de la famille des oméga-6, l’huile de pépin de cassis est une des rares sources d’acide stéaridonique, un acide gras oméga-3. L’huile de pépin de cassis augmenterait le taux d’acide dihomo-gamma linolénique et d’acide eicosapentaénoïque, précurseur de la PGE1 et des PGE3 (prévention des maladies cardiovasculaires, des inflammations et des pertes de mémoire) .