Huile de Copaïba

avril 14, 2012 6:26 | No Comments

L’huile de copaiba

( ou baume de Copahu )

Essence de baume de Copahu – Oleum Balsami Copaivae Oil of Copaiba Copaivabalsamöl

Botanique du Copaïba

Résumé

Les arbres de Copaifera se trouvent principalement dans les forêts humides du Brésil, de Colombie, du Pérou et du Venezuela. Ils s’étendent en largeur et peuvent atteindre 25 à 30 mètres de hauteur.

L’oléo-résine a les vertus thérapeutiques décrites plus bas. Elle est recueillie comme le caoutchouc, par scarification du tronc.

Les trois quarts de la résine sont volatils et peuvent être extraits pour donner l’huile essentielle de copaiba

Propriétés

L’huile de copaïba est utilisée traditionnellement en Amazonie et dans les Andes comme anti-inflammatoire, antibactérien et désinfectant. Elle est aujourd’hui réputée pour ses propriétés cicatrisantes.

Les principes actifs sont attribués aux sesquiterpenes et diterpenes (jusqu’à 80% de la résine peuvent être des sesquiterpenes).

Présence de caryophyllene et calamenene (sesquiterpenes) connu pour son action anti-inflammatoire, de même que l’acide copaibique et paracopaibic, l’acide copalique, copaiferique et copaiferolique.

Provenance :

Le baume de Copahu, connu et employé en Europe depuis le commencement du 16ème siècle, est fourni par un grand nombre d’espèces du genre Copaifera (famille des légumineuses), qui croissent spontanément dans les régions qui s’étendent depuis le fleuve Amazone et ses affluents, jusqu’à la Guyanne, le Vénézuela et la Colombie du Nord. Les principales espèces sur lesquelles on récolte le baume sont les suivantes : Copaifera officinalis L., Copaifera guyanensis Desf., Copaifera coriacea Mart., Copaifera Langsdorffii Desf., Copaifera confertiflora Benth., Copaifera oblongifolia Mart. et Copaifera rigida Benth. Le baume de Bolivie est fourni par le Copaiba paupera Herzog. On obtient le baume en pratiquant, à la hache, des cavités dans le tronc, ou en forant l’arbre jusqu’au centre à l’aide d’une mèche de deux pouces de diamètre et en enfonçant dans ces trous des tubes de fer-blanc, par lesquels le baume s’écoule. Parfois les arbres sont tellement riches en baume, que les canaux résinifères (conduits résineux) éclatenet spontanément, et que le liquide s’écoule verticalement à la surface des crevasses ainsi produits. Certains arbres fournissent souvent 30 litres de baume ou même d’avantage.

On distingue dans le commerce différentes espèces de baume de copahu, désignées sous le nom de leur port d’exportation. Parmi celles-ci, la baume de Maracaïbo (dont la majeure partie est fournie par Copaifera officinalis) et celui du Para, sont les plus importants. Ce dernier est assez fluide, et sert spécialement à la fabrication de l’huile essentielle, car il donne le meilleur rendement soit 85%. Le baume de Maracaïbo est plus épais est abandonne à la distillation, de 35 à 58 % d’huile volatile.

Source : Les Huiles Essentielles par E. Gildemeister et Fr. Hoffmann, Editeur Schimmel & Cie.

Histoire

« L’huile (ou baume) de Copahu est fournie spontanément par le copayer (Copaifera guyanensis) grand arbre qui se rencontre un peu partout dans la forêt amazonienne de terre ferme. La variété la plus importante en Amazonie, est le C. reticulata. Le copayer, très commun autrefois, devient de plus en plus rare près des rives du fleuve à cause du procédé barbare d’exploitation qui est adopté.

Comme l’huile est une exsudation du bois du tronc, ce procédé consiste à entayer l’arbre à la hache jusqu’au coeur. Non seulement une partie de l’huile est ainsi répandue sur le sol, et perdue, mais encore l’arbre, absolument épuisé, meurt le plus souvent, ou, tout du moins, ne peut jamais donner plus tard une nouvelle récolte. Non satisfaits encore de cette destruction méthodique, quelques extracteurs sans conscience, mélangent à l’huile de copahu de la graisse fondue de singe coata (Atèles), inutilisant ainsi le produit et provoquant la baisse des prix en raison de la méfiance légitime des acheteurs.

Le meilleur système pour extraire complètement l’huile de copahu (ou copaiba), tout en ménageant le copayer est le suivant : à l’aide d’une échelle, on perce avec une tarière, à la partie supérieure du tronc, un trou atteigant l’axe de l’arbre; on le bouche ensuite avec un tampon de bois préparé à cet effet. On fait un trou semblable à la partie inférieure du tronc et on y adapte un tube en bambou. Dès qu’on débouche l’orifice supérieure, l’huile s’écoule lentement par le tube et peut-être facilement recueillie. L’opération terminée, on obture les deux trous avec de l’argile. On arbre donne communément entre 5 et 20 litres d’huile.

L’huile de copahu ou de copaiba ou baume de copaiba est un liquide de consistance sirupeuse, transparent, blanc jaunâtre, d’un goût âpre et répugnant. Elle est astringente et très employée comme médicament interne. Appliquée sur les blessures, elle en facilite singulièrement la cicatrisation.) »

Ce texte de Paul Le Cointe de 1922 nous montre que la destruction de l’Amazonie a débuté il y a bien longtemps. Aujourd’hui, l’huile de copaiba est importé du Pérou et c’est un procédé proche de celui décrit ci-dessus qui est employé.


Bibliographie

Stashenko, E., H. Wiame, et al. (1995). Catalytic transformation of copaiba (Copaifera officinalis) oil over zeolite ZSM-5. HRC Journal of High Resolution Chromatography 18(1): 54-58. {a} Dep. Quimica, Univ. Ind.

Santander, A. A. 678 Bucaramanga, Colombia Wang, J. and J. H. Langenheim (1990). Seasonal and diurnal variation in leaf sesquiterpenes of greenhouse-grown saplings of Hymenaea and Copaifera. Acta Botanica Yunnanica 12(1): 85-91.

Canessa, E. (1989). Anatomical description of camibar wood Copaifera camibar Poveda, Zamora and Sanchez. Brenesia(31): 113-116.

Figliuolo, R., S. Naylor, et al. (1987). Unusual nonprotein imino acid and its relationship to phenolic and nitrogenous compounds in Copaifera. Phytochemistry 26(12): 3255-3260.

Jacobson, M., E. C. Uebel, et al. (1987). Optical isomers of alpha-copaene derived from several plant sources. Journal Of Agricultural And Food Chemistry 35(5): 798-800.

Langenheim, J. H., C. A. Macedo, et al. (1986). Leaf development in the tropical leguminous tree Copaifera in relation to microlepidopteran herbivory. Biochemical Systematics And Ecology 14(1): 51-60.