Cosmétique naturelle

août 17, 2011 10:01 | No Comments

Les huiles végétales et la cosmétique naturelle

Le mot « naturel » est employé à toutes les sauces et il en est de même pour la cosmétique. Nous lui préférons le mot de nouvelle cosmétique que nous essayons de promouvoir.

Dans le cas de la cosmétique, le marketing a tendance à utiliser le mot naturelle quand le produit n’a pas accès à une labellisation officielle.

Dans la réalité le problème est relativement simple au niveau de la définition, mais moins aisée pour la formulation cosmétique

Intérêts des huiles végétales en cosmétique

Quels rôles peuvent avoir les huiles végétales ? Si leur rôle ne fait pas de doute en tant que complément par la présence d’Acides Gras Poly-Insaturés et leur bioconversion en ARA (ARachidonic Acid) et DHA (DocosaHexaenoic Acid) indispensables, elles seront aussi recherchées en cosmétique.

Dans le cas d’un produit cosmétique, on recherche 3 rôles :

– un rôle marketing : il faut une huile qui apportera une image de nouveauté, de qualité, de sérieux, de progrès et d’efficacité.

– un rôle efficacité : il faut notamment prendre en compte les teneurs en acides linoléique et linolénique.

– enfin un rôle cosmétique : il faut choisir l’huile qui donnera le meilleur toucher, la meilleure stabilité oxydative dans le produit cosmétique et la meilleure pénétration.

En fait, la sélection d’une huile se fera sur ces trois critères et les deux principaux intérêts sont l’apport d’émollience et l’aide à la restauration de l’épiderme. Globalement on peut attribuer aux huiles cosmétiques un rôle d’hydratation et de protection.

1 – Hydratation par les AGPI (Acide Gras Poly-Insaturés)

Les acides polyinsaturés à longue chaîne, notamment g-linolénique, jouent un rôle spécifique sur : – la fluidité des membranes – la réduction des pertes hydriques transépidermiales – la prévention du vieillissement de la peau.

En fait d’hydratation, en réalité, les cosmétiques empêchent plutôt la déshydratation de la peau : en effet, certains acides gras sont susceptibles d’améliorer ou de conserver le degré d’hydratation de la peau. L’hydratation cutanée est liée à la fonction barrière du stratum corneum qui conditionne la cinétique de l’eau dans la peau. L’eau existe dans le derme par l’intermédiaire des glycoaminoglycanes (GAGS). Ceux-ci, liés aux protéines constituent la substance fondamentale qui est un gel dans lequel sont noyées les fibres protéiques qui assurent les propriétés mécaniques de la peau.

L’eau mobilisable se déplace par diffusion, de façon régulière et continue vers la surface. Ainsi elle imbibe les différentes couches, traverse le stratum corneum et s’évapore en surface en fonction du degré hygrométrique de l’atmosphère ambiante et selon la loi de Fick :

J = km x D x dC/dX

J : flux d’eau

Km : coefficient de partage

D : coefficient de diffusion

dC/dX : gradient de concentration

Sachant qu’il existe une perspiration insensible de 5 g/m2/h, les critères physiques de perte d’eau seront liés à l’état du ciment lipidique intercellulaire responsable de la régulation du flux d’eau.

Les produits hydratants vont agir sur les mécanismes régulateurs de l’hydratation selon trois principes :

– la fixation de l’eau dans les couches de la peau

– la création d’un effet filmogène

– la diminution de la perméabilité du stratum corneum.

Ils auront alors des dénominations spécifiques à leur action qui seront :

– des substances hygroscopiques hydratantes

– des filmogènes hydrophiles

– des anti-déshydratants filmogènes hydrophobes

2 – Protection par les vitamines

Les vitamines A, E et C principalement jouent un rôle important dans la protection de la peau contre tous les stress environnementaux : UV, pollution, fumée…

On sait depuis longtemps que les vitamines sont essentielles à la bonne santé de la peau, des ongles et des cheveux. Par ailleurs, ces produits sont bien plus efficaces par voie topique que par voie orale. L’addition de vitamines aux cosmétiques les transforme donc en produits bio-actifs très performants, ce qui permet ainsi aux cellules et tissus cutanés d’être protégés des multiples attaques extérieures.

2-1 – La vitamine A

Cette vitamine est au centre des recherches scientifiques et son utilisation a suscité des débats. En cosmétique, on utilise surtout l’acétate et le palmitate de rétinol. Ce dernier possède une activité comédololytique intéressante et va donc être utilisé dans des produits pour le traitement de l’acné. La vitamine A stimule la production d’enzymes, l’activité mytotique, la prolifération cellulaire, l’épaississement de l’épiderme, la formation de collagène et de kératine. Elle augmente l’élasticité de la peau, aide à la cicatrisation et prévient la formation des rides dues aux UV.

2-2 – La vitamine E

L’acétate de vitamine E est un antioxydant et un antiradicalaire : on peut parler de molécule protectrice car c’est la substance principale qui va permettre de stopper la peroxydation lipidique dans le plasma sanguin et dans les membranes cellulaires. On obtient une molécule qui va permettre d’éliminer les radicaux libres et de piéger l’oxygène singulet. Pour lutter contre l’agression des UV, il faut donc prendre des vitamines E par voie topique avant l’irradiation et continuer à en appliquer après l’irradiation, pour réduire les effets cliniques.